Pourquoi j’ai dit Stop !

De nombreuses personnes m’ont demandé les raisons de l’arrêt de mon activité de freelance.

Je ne comptais pas m’étaler sur ces raisons. Cependant, à la lecture des retours que j’ai pu recevoir lorsque j’ai donné plus d’explications, je me suis dit que les partager pouvaient servir à d’autres.

Tout va très bien, Madame la Marquise

Je me rends compte que dans le monde de l’entrepreneuriat, et dans le monde du travail en général, il n’est pas forcément bien vu de répondre « mal » à la traditionnelle question « alors, ça va comment ton activité ? ».

A la rigueur, on peut répondre « c’est dur, mais je m’accroche ! » avec le sourire de Wonder Woman qui va bien, genre « je suis une battante ! je vais y arriver ! ».

Eh beh, on peut être une battante et ne pas y arriver.
Mais parler de ses doutes, de ses baisses de moral, de son sentiment de ne pas savoir si on est à la bonne place est compliqué.
Dans le genre je plombe l’ambiance durant le tour de table de la réunion de son réseau, ça serait la médaille d’or directe !
On n’y participe pas pour se plaindre mais pour donner une image positive de soi afin d’attirer les contacts, les affaires, les recommandations.
Il existe peu d’endroits dans lesquels on puisse partager ce genre de difficultés « morales ».

Les montagnes russes

Maintenant que j’ai décidé de quitter l’entrepreneuriat, j’ose dire haut et fort que, pour moi, ça a été dur et que j’ai décidé, en toute conscience, de lâcher la branche car je n’y arrivais pas.

Je ne sais pas gérer les montagnes russes de ce métier :

  • Le lundi, un prospect me contacte, il est super motivé pour bosser avec moi, on fixe un RV. Je suis au sommet de la montagne.
  • Le mardi, une proposition que j’ai envoyée n’a toujours pas reçu de réponses malgré 2 relances. Je commence à dégringoler.
  • Le mercredi, je travaille sur le dossier d’un client. La dégringolade s’arrête, la motivation revient.
  • Le jeudi, une mission qui semblait sûre à 99% tombe à l’eau. Je me retrouve au pied de la montagne.
  • Le vendredi, j’essaie de prendre sur moi pour contacter directement 2 prospects et en identifier d’autres. Je me raccroche à la corde pour remonter cette montagne.
Pourquoi j'ai dit Stop. Les montagnes russes

Bon, OK, je caricature un peu, mais l’idée et surtout l’illustration de ce que j’ai eu le sentiment de vivre est là.
Pour reprendre une autre image que j’ai donné à quelques personnes de mon entourage, je ne suis pas équipée pour monter dans un ascenseur qui, plusieurs fois par jour, va passer du rez-de-chaussée au 252è étage et retour en 2 minutes chrono.

J’ai dit Stop !

Pourquoi j'ai dit Stop

La décision d’arrêter n’a pas été prise du jour au lendemain. Face à ces difficultés, j’ai d’abord essayé de trouver comment les surmonter, comment rebondir à chaque réponse négative. Je me suis remise en question un nombre incalculable de fois. Mais à force de rebondir toujours un peu moins haut et constatant que la remise en question m’amenait à devoir « jouer un rôle », j’ai préféré dire « stop ».

Mon sacro-saint goût pour l’indépendance et la liberté (que j’ai toujours) n’était plus suffisant pour pallier les difficultés d’être à son compte.

Soulagement, impression de retrouver de l’espace dans la tête, sentiment d’être en ligne avec ce que je suis. Aucune impression d’échec, juste une expérience que je ne regrette pas d’avoir tentée.
Certains m’ont parlé de choix « courageux », m’ont félicité pour cela. Je les en remercie. J’ai juste eu le sentiment de prendre la décision juste pour moi.

Alors ? C’est quoi la suite ?

Nan, mais là tu flingues direct tes chances de trouver un poste salarié après ce témoignage !

Dixit la petite voix intérieure de Stéphanie

Je ne crois pas.

Que je n’aie pas continué en freelance ne signifie pas que je n’ai pas les compétences nécessaires et suffisantes pour épauler un chef d’entreprise.
Mes compétences, mon savoir-faire, mon savoir-être ne disparaissent pas avec l’arrêt de mon activité.

Ce n’est pas le métier d’assistante de direction qui ne me correspond pas, c’est celui de chef d’entreprise. Alors, plutôt que de mettre ces compétences au service de plusieurs entrepreneurs, je vais les mettre désormais au service d’une seule entreprise.